L’enquête royale du juge Désy

Dossier de l’enquête royale du juge Désy, tel qu’il a été trouvé le 2 novembre. La journée même, les employés de BAnQ l’ont transféré dans une chemise accordéon afin d’en améliorer la conservation.

Le 2 novembre 2018, le projet d’indexation J-DEX a permis de faire une belle découverte: les transcriptions sténographiques de ce que nous croyons être l’enquête royale du juge  J.-Alfred Désy, au début des années 1920.

Étant donné l’état du dossier – en particulier celui de la boîte qui semblait, à l’origine, contenir les dépositions – les employés de BAnQ l’ont ensuite transféré dans une chemise accordéon afin de mieux le protéger pour les années à venir.

 

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Évangéline Couture, accusée d’incendiât

Le projet d’indexation J-DEX permet de répertorier des dossiers judiciaires de toutes natures. Bien sûr, certains d’entre eux attirent l’attention plus que d’autres.

« Le ou vers le 25 juillet 1919 », comme le veut depuis longtemps cette formule juridique, c’est dans la paroisse de St-Théophile-du-Lac-à-la-Tortue, dans le district judiciaire de Trois-Rivières, que s’est produit un incendie. Certains bâtiments appartenant à Armand Mongrain, dont une grange, a été victime des flammes.

On ignore comment s’est déroulé l’enquête, mais on sait que la justice a fini par déposer une accusation pour « incendiât » contre Évangéline Couture, épouse de Xavier Roy. Il faudra cependant des années avant que celle-ci soit jugée devant la Cour.

C’est d’ailleurs dans Le Nouvelliste du 19 avril 1926 qu’on apprend que Évangléine a finalement été acquittée devant le juge François-Xavier Lacoursière. « C’était une des plus vieilles causes inscrites sur le rôle des dernières assises. Depuis 1919, elle avait fait régulièrement son apparition à chaque terme des assises, mais la maladie était toujours intervenue au dernier moment pour imposer une remise de cette cause au terme suivant. » (Le Nouvelliste, 19 avril 1926)

Selon le registre de l’état civil (Généalogie Québec), on retrouve une Évangéline Couture, dont le conjoint portait le nom de Roy, qui est décédée le 26 mai 1940. S’il s’agit bien de la même personne, alors elle habitait à St-Hyacinthe au moment de sa mort. Elle était née en 1867.

À qui s’adresse le J-DEX?

En créant le J-DEX, notre objectif de départ était d’en faire un outil gratuit destiné aux chercheurs en généalogie, en histoire ou en sociologie. Bref, il s’adresse à tous les curieux qui souhaitent jeter un regard sur notre passé.

Nous pensons que ce projet d’indexation s’avérera utile pour les chercheurs qui veulent enrichir leurs travaux. Pourquoi? Parce que l’indexation des dossiers judiciaires ne permet pas uniquement de créer une banque de données sur les crimes, mais aussi une source importante contenant les noms de toutes les personnes impliquées dans une affaire. En effet, nous nous efforçons de retenir les noms des victimes, des accusés, des témoins, des avocats et aussi des juges.

Par exemple, une recherche – même exhaustive – dans les bases de données généalogiques ne permet pas de découvrir si votre ancêtre a témoigné dans une quelconque cause judiciaire. Ce vide informationnel s’explique par le fait que les fonds d’archives judiciaires n’ont pas été traités de la même façon, et cela quand ils n’ont pas été traités du tout.

Or, le J-DEX s’engage à faire ressortir les noms des accusés, des victimes, des juges, des procureurs et des témoins impliqués, en plus de présenter, dans la plupart des cas, un résumé des faits. Lorsque le temps nous le permet, nous ajoutons également quelques détails supplémentaires à l’aide d’articles de journaux.

Éventuellement, le J-DEX sera gratuitement disponible via notre collaboration avec l’archiviste Sophie Morel de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) à Trois-Rivières. Il sera donc possible d’effectuer une recherche par nom, par date ou par type de crime.

Pour les chercheurs en histoire ou en sociologie, nous espérons également que notre outil pourra leur permettre de faciliter leur travail, que ce soit pour dresser un portrait du passé à travers les archives judiciaires, d’étudier des dossiers par types de crimes, etc.

Finalement, bien que nous reconnaissons l’aspect audacieux du projet, puisque la quantité de dossiers judiciaires à indexer au Québec est titanesque, nous espérons que d’autres bénévoles se joindront à nous. Il s’agira pour eux d’une belle opportunité d’avoir un regard global et unique sur notre passé collectif tout en rendant services aux chercheurs.

Si vous souhaitez participer au projet, nous vous invitons à écrire au courriel suivant : eric.veillette@hotmail.ca

Fonds des procès expéditifs: l’état des dossiers

Depuis le début du projet J-DEX, nous sommes en mesure de constater que la plupart des couvertures cartonnées des dossiers judiciaires ont mal survécues à l’épreuve du temps. Même avec une attention particulière à la manipulation, il suffit parfois de les sortir de leur boîte pour constater que les bords des pochettes cartonnées s’effritent d’elles-mêmes.

La bonne nouvelle, cependant, c’est que les documents judiciaires, incluant les dépositions, sont généralement en bon état et parfaitement lisibles. En d’autres termes, si le contenant est abîmé, le contenu est bien préservé.

Voilà qui, peut-être, donne au projet J-DEX une utilité supplémentaire. La base de données qui est en train de prendre forme n’empêchera pas totalement une consultation physique des dossiers, mais elle en limitera certainement la manipulation. Par exemple, si un chercheur est en quête d’un ou plusieurs dossiers de manière aléatoire ou précise, il suffira de consulter le J-DEX plutôt que d’ouvrir la boîte.

Autre exemple concret qui démontre la détérioration aux abords de la couverture cartonnée des dossiers. Quoique le contenu est souvent considéré comme la partie la plus importante du dossier, la couverture contient des informations très utiles pour l’indexation.

Bienvenue

Bonjour et bienvenue à toutes les curieuses et curieux qui ont un intérêt pour l’histoire, la recherche ou le partage de l’information.

Le projet J-DEX a pris forme le 3 janvier 2018. Jusqu’ici, seule la page Facebook permettait de créer un contact direct avec le public et les futurs utilisateurs du J-DEX. En effet, nos bénévoles ont l’intention de vous offrir un outil de recherche tout à fait gratuit.

Ce soir, nous lançons le blog J-DEX et nous pourrons bientôt vous en apprendre davantage quant à la progression du travail effectué dans les archives judiciaires. En attendant, nous vous invitons à consulter l’onglet « Historique » et les quelques photos que nous vous partageons.

Merci et à bientôt.

Indexation des dossiers judiciaires de BAnQ

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